Voyager avec un handicap aux États-Unis

Publié: May 28, 2022, Édité: May 28, 2022 | Mots clés: Voyager avec un handicap, Sécurité aérienne

La loi ADA (Americans with Disabilities Act) pour les personnes handicapées stipule qu’une personne est considérée comme atteinte d’un handicap lorsqu’elle souffre d’une déficience mentale ou physique limitant de manière significative une ou plusieurs activités majeures de la vie. La loi américaine sur l’accès au transport aérien (ACAA pour Air Carriers Act) interdit à toute compagnie aérienne de traiter les passagers de manière injuste ou préjudiciable en raison de leur handicap. Il incombe au ministère des Transports (DOT pour Department of Transportation) de faire respecter cette loi, qui s’applique à tous les vols effectués à l’intérieur du pays ainsi qu’aux vols extérieurs au départ ou à destination des États-Unis.

La loi oblige également les compagnies aériennes à offrir un certain nombre de services d’assistance aux passagers souffrant d’un handicap. La liste de ces services comprend l’aide à l’embarquement et à la manipulation des équipements d’assistance, la mise à disposition d’un fauteuil roulant ou d’un autre type de matériel adapté pour l’embarquement, la prise en charge du désembarquement et des éventuelles correspondances ainsi que des conseils pour choisir le type de siège le plus approprié. Ces dispositions permettent aux voyageurs handicapés de se rendre, par avion, dans presque toutes les destinations internationales, à condition d’effectuer les préparatifs nécessaires. Les voyageurs souffrant de certains handicaps, comme les malentendants, les malvoyants, les personnes à mobilité réduite ou souffrant de troubles cognitifs, peuvent avoir besoin d’une attention particulière et personnalisée.

Avant de réserver un voyage aux États-Unis, il est donc conseillé aux personnes nécessitant une assistance spécifique de consulter un tour-opérateur ou un agent de voyage spécialisé afin de déterminer si leur handicap ne risque pas d’engendrer des complications. Il leur est également recommandé de prendre conseil auprès d’un prestataire de santé. Enfin, il est essentiel de bien planifier tous les aspects du voyage, notamment en réservant des logements adaptés.

Quelles sont les directives de l’ACAA concernant les voyageurs souffrant d’un handicap ?

Selon les directives de l’ACAA, lorsque des passagers souffrant d’un handicap en font la demande, les compagnies aériennes doivent obligatoirement respecter un certain nombre d’exigences spécifiques en matière d’accessibilité. Par exemple : un accès à la porte de l’avion (idéalement via une passerelle de plain-pied) et un siège côté couloir disposant d’accoudoirs amovibles. Les appareils de moins de 30 sièges ne sont généralement pas soumis à ces règles.

Tout avion de plus de 60 sièges doit obligatoirement disposer d’un fauteuil roulant à bord (siège côté couloir), et il relève de la responsabilité du personnel navigant d’aider les passagers à déplacer le fauteuil jusqu’aux toilettes. Toutefois, les agents de bord ne sont pas tenus de transporter les passagers d’un fauteuil roulant à un autre, d’un fauteuil roulant à un siège de l’avion ou à un siège de toilette. Ils ne sont pas non plus chargés d’aider les passagers à se rendre aux toilettes et à se nourrir ou de leur administrer des médicaments.

Seuls les avions gros-porteurs dotés de deux allées ou plus sont tenus de disposer de toilettes entièrement accessibles aux handicapés. Il est donc recommandé aux personnes pouvant avoir besoin d’assistance pendant le vol de voyager avec un accompagnateur. Toutefois, dans la limite du raisonnable, les compagnies aériennes ne peuvent pas obliger les passagers handicapés à voyager avec quelqu’un d’autre.

Elles ne peuvent pas non plus exiger d’être prévenues à l’avance, mais elles peuvent imposer un préavis de 48 heures au maximum ainsi qu’un enregistrement anticipé d’une heure lorsque le passager voyage avec des équipements spécifiques nécessitant une certaine préparation, notamment :

  • un incubateur ;
  • de l’oxygène médical à utiliser pendant le vol ;
  • un respirateur nécessitant l’installation d’une connexion électrique ;
  • une civière ;
  • un fauteuil roulant électrique dans un avion de moins de 60 sièges ;
  • des matières dangereuses alimentant les batteries d’un fauteuil roulant ou tout autre appareil d’assistance.

Ce préavis peut également être exigé pour les groupes de moins de 10 personnes souffrant de handicap qui voyagent ensemble et lorsque le passager nécessite un fauteuil roulant (siège côté couloir) à bord d’un avion sans toilettes accessibles.

Le ministère américain des Transports met à disposition une ligne d’assistance gratuite. Le numéro pour les appels vocaux est le 800-778-4838, et le 800-455-9880 pour les utilisateurs d’un ATS. Ces numéros sont accessibles tous les jours ouvrables de 9 h à 17 h (ET), à l’exception des jours fériés fédéraux. Le personnel affecté à ces numéros d’assistance peut aider les voyageurs à résoudre des problèmes urgents liés au handicap et fournir au public des informations générales concernant les droits des voyageurs aériens handicapés.

Avant le voyage

Les normes d’accessibilité pour les voyageurs handicapés diffèrent d’un pays à l’autre. Par exemple, certains ne disposent pas d’une législation obligeant les compagnies aériennes à accueillir les passagers souffrant d’un handicap. Pensez à vous renseigner auprès des compagnies aériennes, des croisiéristes, des hôtels et des agences de voyages pour connaître leur politique en la matière. Le cas échéant, informez-vous également sur la possibilité de voyager avec un animal d’assistance ainsi que sur les conditions de transport. Si vous souffrez d’un handicap mental ou d’un trouble cognitif, il est conseillé de vous adresser à une organisation spécialisée. Si vous êtes citoyen américain, pensez à vous inscrire au programme STEP (Smart Traveler Enrollment Program). Il vous permettra de recevoir des conseils de voyage et des mises à jour de sécurité en temps réel. Cela facilitera également toute intervention éventuelle du consulat ou de l’ambassade des États-Unis en cas d’urgence.

Considérations d’ordre médical

Si les voyages à l’étranger ne sont pas couverts par votre assurance maladie habituelle, le département d’État américain vous recommande vivement de souscrire une assurance médicale supplémentaire prenant en charge un éventuel rapatriement.

De plus, pendant votre voyage, vous devriez systématiquement avoir un certain nombre de documents sur vous, notamment une lettre de votre prestataire de santé détaillant des informations médicales importantes, telles que votre état de santé, votre traitement et les possibles complications pouvant survenir. Le cas échéant, ne vous séparez jamais de votre dispositif d’alerte médical.

Assurez-vous également de disposer d’une quantité suffisante de médicaments sur ordonnance pour tout votre voyage ainsi que de doses supplémentaires en cas de problèmes sur le chemin du retour. Ne conservez pas vos médicaments dans un pilulier, mais dans une boîte ou un flacon correctement étiqueté, au cas où votre traitement serait examiné par les agents de sécurité de l’aéroport ou du service des douanes et de la protection des frontières (CBP).

Sachez que certains médicaments sur ordonnance autorisés dans votre pays peuvent être interdits aux États-Unis, ou vice versa. C’est pourquoi tout traitement vital doit être accompagné d’une note de votre médecin. En cas de doute, vous pouvez téléphoner ou envoyer un courriel aux ambassades ou consulats locaux pour obtenir des informations supplémentaires sur les éventuelles restrictions.

Équipements d’assistance

Les voyageurs entrant aux États-Unis peuvent appeler la ligne d’assistance téléphonique gérée par la TSA (Transportation Security Administration) afin d’obtenir de l’aide concernant toute question relative à leur condition médicale ou leur handicap. Le numéro de téléphone est le 855-787-2227. Vous pouvez également consulter le site Web de la TSA pour en savoir plus sur les procédures, les règlementations et le passage des contrôles de sécurité.

Vérifiez si des conditions spéciales s’appliquent aux équipements tels que les machines portables, les fauteuils roulants, les respirateurs, les batteries et les bouteilles d’oxygène. Si vous en avez la possibilité, envisagez de louer du matériel médical et/ou un fauteuil roulant à destination. Pour cela, vous devrez faire des recherches sur les fournisseurs d’équipements médicaux et de fauteuils roulants de l’État que vous comptez visiter. Vous trouverez quelques liens vers des fournisseurs spécialisés basés à l’étranger sur le site Web de Mobility International (MIUSA) ou du Réseau européen pour le tourisme accessible (ENAT).

Animaux d’assistance

Contactez l’ambassade ou le consulat des États-Unis pour en savoir plus sur les éventuelles restrictions et les habitudes locales en matière d’animaux d’assistance, notamment en ce qui concerne la vaccination, la quarantaine et la documentation requise par l’État dans lequel vous vous rendez. Vous pouvez également demander conseil à votre vétérinaire. Il pourrait être en mesure de vous fournir des informations pour voyager en toute sérénité. Enfin, avant de confirmer vos réservations, pensez à vérifier auprès de chaque hôtel si les animaux d’assistance sont acceptés.

Lois et règlementations

Le Congrès a approuvé la loi sur l’accès au transport aérien (ACAA) en 1986 pour veiller à ce que les personnes handicapées ne fassent pas l’objet de discriminations et puissent voyager dans le respect des règles de sécurité qui s’appliquent aux autres passagers. La règlementation, approuvée par le ministère des Transports (DOT), est applicable à tous les vols des compagnies aériennes américaines ainsi qu’aux vols de transporteurs étrangers à destination ou en provenance des États-Unis.

Bateaux de croisière

Les entreprises américaines organisant des visites ou des programmes à bord de bateaux de croisière sont tenues d’assurer l’accès aux voyageurs handicapés, que le navire soit enregistré localement ou à l’étranger. Avant de confirmer leur réservation, les passagers concernés doivent toutefois confirmer auprès du transporteur la disponibilité des équipements ou services dont ils pourraient avoir besoin pendant la traversée. Sachez aussi qu’un certain nombre d’agences de voyage et de croisiéristes s’adressent spécifiquement aux voyageurs ayant des besoins particuliers.

Voyages en avion

Un certain nombre de compagnies aériennes étrangères appliquent des politiques identiques ou similaires aux lois américaines basées sur les directives de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Ces directives ne sont toutefois pas exactement les mêmes que celles définies par la législation américaine. De plus, en pratique, la façon dont elles sont mises en œuvre peut différer en fonction du lieu et de la compagnie aérienne.

Services de réservation et d’information sur les vols

Les compagnies aériennes qui fournissent des services d’information et de réservation par téléphone au grand public doivent s’assurer que ces prestations sont accessibles aux personnes malentendantes ou sourdes, notamment par le biais d’un service de relais de télécommunications, d’un dispositif de télécommunications adapté ou de toute autre technologie.

Aéroports

Dans le cadre de la loi sur l’accès au transport aérien, le ministère des Transports exige que tous les terminaux des aéroports recevant des contributions financières du gouvernement fédéral assurent un affichage à contraste élevé.

Le sous-titrage est obligatoire à tout moment sur les écrans d’affichage audiovisuel le permettant situés dans les zones communes de l’aérogare accessibles aux passagers, notamment les billetteries, les zones des portes d’embarquement, les salons et les espaces commerciaux (restaurants et boutiques).

Sécurité aéroportuaire

La TSA a élaboré un programme permettant de contrôler les voyageurs handicapés ainsi que leurs équipements et dispositifs d’aide à la mobilité. Elle autorise notamment le transport des médicaments liquides et des traitements sur ordonnance nécessaires aux passagers souffrant d’un handicap ou d’un problème de santé.

Les personnes concernées dont l’état de santé peut affecter les procédures de contrôle peuvent communiquer par écrit avec les agents de la TSA. Vous trouverez des informations complémentaires concernant les directives de la TSA pour les voyageurs handicapés sur le site Web suivant : https://www.tsa.gov/travel/special-procedures.

Tout comme les autres voyageurs souffrant d’un handicap ou d’un problème de santé, les passagers malentendants ou sourds peuvent remettre aux agents de la TSA une carte ou un document médical expliquant leur condition et les informant de la nécessité d’adapter la procédure de contrôle.

Il n’est pas nécessaire de retirer les implants cochléaires externes ou les appareils auditifs pour passer les contrôles de sécurité. Toutefois, les agents de l’aéroport peuvent être amenés à effectuer une vérification supplémentaire à l’aide d’un petit appareil ou d’une inspection manuelle si vos dispositifs d’assistance déclenchent les alarmes de sécurité.

Portes d’embarquement, billetteries et service client

La loi américaine sur l’accès au transport aérien oblige actuellement les personnes malentendantes ou sourdes à s’identifier auprès de la compagnie aérienne afin qu’elle s’assure que tous les passagers reçoivent les informations pertinentes, telles que les changements d’horaires, les portes d’embarquement, les correspondances et le lieu de récupération des bagages. Ces renseignements doivent être transmis en temps utile et au moyen d’une méthode de communication accessible aux personnes qui se sont identifiées comme souffrant d’une déficience auditive.

De plus, les passagers malentendants doivent s’identifier auprès des agents de bord au moment de l’embarquement, même si elles l’ont déjà fait lors de la réservation et de l’enregistrement. Cette disposition ne prévoit toutefois pas la présence d’un interprète en langue des signes.

Pendant le vol

Toute présentation audiovisuelle diffusée à des fins d’information et de sécurité dans un avion doit être accompagnée d’une interprétation en langue des signes ou d’un sous-titrage. Ce dernier doit être présenté dans les principales langues utilisées par le personnel navigant au cours du vol concerné. À l’heure actuelle, l’ACAA n’impose pas le sous-titrage des divertissements diffusés à bord des avions.

Embarquement et désembarquement

Les petits avions ne sont pas toujours desservis par une passerelle, ce qui signifie que les passagers en fauteuil roulant doivent être assistés pour monter à bord ou descendre de l’appareil. Toutefois, un certain nombre d’aéroports sont aujourd’hui équipés d’ascenseurs ou de monte-charges.

Pour faciliter l’embarquement et le désembarquement, les voyageurs handicapés ont généralement besoin d’être assis côté couloir. Il est cependant nécessaire d’en faire la demande explicite au moment de la réservation ainsi qu’au comptoir d’enregistrement de l’aéroport.

Aménagements et assistance

L’ACAA stipule que les compagnies aériennes ne peuvent pas refuser un passager en raison de son handicap. Il existe toutefois quelques exceptions. Elles peuvent notamment refuser de transporter quelqu’un si les conditions ne permettent pas de respecter la règlementation de la FAA (Federal Aviation Administration) en matière de sécurité ou si elles mettent en danger la sécurité ou la santé des autres personnes à bord du vol.

De plus, les compagnies aériennes sont tenues d’accepter la déclaration d’un passager concernant sa propre autonomie. Un certificat médical pourra toutefois être exigé dans certaines circonstances très spécifiques. Le cas échéant, il devra indiquer que le passager est capable d’effectuer le vol en toute sécurité, sans mettre en danger les autres voyageurs ni nécessiter une attention médicale inhabituelle.

Un tel document est généralement requis lorsqu’une personne voyage avec de l’oxygène ou sur une civière, si elle est atteinte d’une maladie transmissible ou s’il est raisonnable de penser que son état de santé peut affecter le déroulement du vol.

Conclusion

Les conditions de voyages des personnes souffrant de handicap se sont bien améliorées au cours des dernières décennies. Il existe désormais un certain nombre de cadres juridiques qui les protègent contre les éventuels abus des compagnies aériennes. Ces mesures leur permettent également de voyager aux États-Unis de manière plus confortable et plus sereine.

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